Traitements

La greffe est une opération entraînant une stimulation du système immunitaire qui peut induire un rejet de la part de l’organisme. Afin de prévenir  et traiter ce rejet, un traitement « antirejet » du greffon est mis en place : on parle d’immunosuppression.

Les médicaments administrés à l’individu greffé sont appelés immunosuppresseurs et ont pour but de limiter, voire d’inhiber la réaction immunitaire.

Ceux-ci sont adaptés à la nature de la greffe mais aussi à la sensibilité de l’organisme du patient, en tenant compte de certains facteurs tels que :

  • l’âge du patient (risque accru de rejet chez les enfants)
  • le nombre de tentatives de greffe
  • le risque de diabète
  • le type de donneur
  • la tolérance cosmétologique

L’immunosuppression est nécessaire pour trois types d’interventions :

  • au moment de la greffe (pour éviter rejet immédiat du greffon)
  • sur le long terme (traitement dit « d’entretien »)
  • lors de crises de rejet

Dans la période qui précède et qui suit l’opération, le patient est soigné dans des conditions qui limitent les contacts avec des zones à risque pathogène.

La prise médicamenteuse est généralement « à vie »  et n’est pas sans effets indésirables. En effet, malgré les progrès considérables dans le développement de médicaments performants, on dénombre plusieurs effets secondaires.

Parmi eux, une accroissance de la vulnérabilité de l’organisme face aux infections (virales, bactériennes…) et aux tumeurs, due à une diminution du nombre et de l’activité de globules blancs.

Un patient greffé est donc soumis à une surveillance régulière de la qualité de son sang.

Remarque : Une injection de sang donneur vers l’organisme receveur augmenterait la tolérance au greffon.

On  distingue deux types de traitements :

Les traitements spécifiques ont une action inhibitrice ciblée sur un gène uniquement alors que les traitements non spécifiques engendrent une inhibition totale du système immunitaire

Les immunosuppresseurs non-spécifiques sont responsables de la sensibilité aux infections ou aux cancers.

Les principaux types de médicament utilisé sont :

  • La cyclosporine et le FK 506 (ou Tacrolimus)

Le rejet du greffon implique l’activation de récepteurs TCR des lymphocytes T. Cette activation engendre la synthèse de cytokines (IL-2). Des phosphorylations vont augmenter le taux de calcium dans la cellule et activer la calcineurine (protéine ayant une activité déphosphorylante). La calcineurine déphosphoryle un facteur de transcription du cytoplasme: le NFAT (nuclear factor of activated T cells) qui va s’associer avec celle-ci. Ce complexe migre vers le noyau et y fixe des séquences régulatrices nécessaires à la synthèse de cytokines. Il faut donc inhiber la transcription de cytokines et des calcineurines. La cyclosporine A ou le FK 506 (Tacrolimus) assurent notamment cette inhibition.

Le FK 506 révèle une efficacité immunosuppressive légèrement plus élevée et présente moins d’effets secondaire néanmoins son action médicamenteuse est similaire à celle de la cyclosporine.

La cyclosporine A, est le plus puissant des immunosuppresseurs. Il est utilisé dans les cas de rejet de greffe (rejet aigu), mais aussi comme traitement d’entretien.

ciclosporine 3D

Visualisation 3D de la molécule de cyclosporine ( peptide cyclique de 11 acides aminés synthétisé par un champignon microscopique: Tolypocladium inflatum) 

(source: Neutron diffraction data from R. B. Knott, J. Schefer and B. P. Schoenborn (1990). « Neutron structure of the immunosuppressant cyclosporin A ») 

  • Les corticostéroïdes

Ceux-ci ont un effet immunosuppresseur en diminuant l’activité des lymphocytes et monocytes ainsi qu’un effet anti-inflammatoire en inhibant la synthèse de cytokines par les macrophages. Ils agissent sur l’ensemble des globules blancs (notamment sur les lymphocytes T et B), les cellules dendritiques et endothéliales.

La partie libre du corticoïde, inactive dans le cytosol, traverse la membrane cellulaire pour se fixer à un récepteur cellulaire. Le complexe formé s’active, migre dans le noyau et se fixent sur les séquences régulatrices de transcription de gènes codant pour des cytokines et donc inhibe leur synthèse.

Néanmoins nombreux effets indésirables sont à prendre en compte, ce qui limite généralement leur utilisation à des cures courtes.

  • Les Anticorps monoclonaux 

 

Ce sont des anticorps provenant d’une seule et même souche de globules blancs (les plasmocytes) et présentant par ailleurs toujours les mêmes caractéristiques et plus particulièrement la même spécificité pour le même antigène.

Ils éliminent les lymphocytes T par fixation et apoptose (processus par lequel des cellules déclenchent leur autodestruction en réponse à un signal.)

  • L’Azathioprine 

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Ce médicament est sans doute le plus utilisé mais n’est pas très puissant. Il possède la capacité de diminuer la prolifération des cellules responsables des phénomènes de rejet, essentiellement les lymphocytes T.

  • La Rapamycine

 Ce médicament inhibe la signalisation par les cytokines (IL-2)

  • Mycophénolate

L’inosine monophosphate déshydrogénase (IMPDH) est une enzyme nécessaire à la synthèse novo de nucléotides à guanine importants pour synthétiser l’ADN codant pour des cytokines et donc engendrant la prolifération cellulaire.

L’acide mycophénolique est un inhibiteur de l’IMPDH. Composant principal du Mycophénolate, il stoppe la prolifération cellulaire.

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