La xénogreffe

La greffe d’organe d’animaux sur l’homme, appelée xénogreffe, permettrait de résoudre cette pénurie de dons d’organes. En France en 2013, 11 581 étaient sur liste d’attente d’une greffe, environ 5000 personnes ont eu un organe, mais 482 sont mortes à défaut d’organes disponibles. L’idée de la xénotransplantation est assez ancienne. Les premières tentatives datent du XVIIème siècle, donc bien avant la première greffe entre humains. Les progrès de la médecine dans les années 1900 ont permis les premières transplantations d’organes, qui étaient prélevés sur les animaux et non pas sur les humains (référence: office fédéral de la santé publique, OFSP) Cependant, à cette époque, on ne connaissait pas le mécanisme de rejet et toutes les xénotransplantations furent un échec. Jusqu’à présent, une greffe d’un animal était impossible : le corps humain reconnait de suite un organe du Non Soi et le rejette immédiatement.

Le premier obstacle de la xénogreffe est, en effet, le rejet du greffon par l’organisme receveur. Dans les années 1970, les chirurgiens affirmèrent que donneur et receveur devaient appartenir à des espèces relativement proches sur le plan phylogénétique. C’est pourquoi, les primates étaient considérés comme les meilleurs donneurs potentiels pour la xénogreffe. Mais du fait d’un risque infectieux trop important, ils renoncèrent à utiliser les singes. Avec les avancées de la transgenèse, ils s’aperçurent qu’ils pouvaient utiliser des espèces génétiquement différentes de l’homme, et se sont alors intéressés au porc.
En temps normal, lorsqu’on transplante un organe porcin chez un humain, le rejet est immédiat : c’est un rejet suraigu. Le receveur meurt en quelques minutes voire quelques heures.
Or l’équipe de Tu Chin-Fu, directeur du service biotechnologie de l’institut des animaux de Taiwan est parvenue à créer des animaux hybrides exprimant un ou plusieurs gènes humains. Cette équipe a réussi à insérer six sortes de gène antirejet dans le matériel génétique du porc. Sur les tests réalisée sur les singes, les individus survivaient jusqu’à 62 jours. Mais les doses d’immunosuppresseurs étaient trop élevées et les individus testés mourraient à cause de cela. Le transfert d’organes du porc à l’humain est à ce jour impossible à pratiquer, car si le rejet suraigu est évité, d’autres mécanismes immunitaires et autres processus prennent alors le dessus.

Le deuxième problème concerne la compatibilité anatomique et physiologique de l’organe porcin par rapport aux organes humains. Par exemple le taux de cholestérol du porc est inférieur à celui de l’homme, ce qui pourrait entrainer, pour la greffe de cœur par exemple, l’obstruction des artères . Par ailleurs, les organes tels les reins, le foie, le pancréas ou encore le poumon sont contrôlés par voie hormonale. Or nous ignorons si ces organes, chez les animaux, peuvent être contrôlés par des hormones humaines.

xéno

De plus, il y a un risque important pour que l’organe porcin transmette à l’homme des agents pathogènes qui ne se rencontrent normalement que chez l’animal. En effet, lors d’une transplantation, on utilise des immunosuppresseurs permettant de contourner les défenses immunitaires.
En outre, cela soulève une série de questions d’ordre éthique et moral.

Il existe cependant une nouvelle alternative : les organes artificiels. Pour pallier le déficit de don d’organes, des chercheurs ont mis au point des prototypes d’organes artificiels. Cependant, le choix de matériaux adaptés est difficile et l’apport d’énergie n’est pas encore assuré de manière satisfaisante. Selon certains experts, cette technique sera mise au point dans une quinzaine d’années.

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