La compatibilité donneur-receveur

Avant de réaliser une greffe d’organe, il est nécessaire de déterminer si l’organisme du patient est compatible avec le greffon. Dans le cas contraire, la transplantation risque d’échouer et les conséquences sur la santé du malade seront importantes (rejet aigu, nécrose, etc.).

La compatibilité entre le tissu d’un greffé et le greffon est donc un paramètre essentiel au bon déroulement d’une greffe. Elle est liée aux patrimoines génétiques du donneur et du receveur.

La transplantation nécessite de réunir trois types de compatibilité :

 

  •   La compatibilité ABO :

Il s’agit de la compatibilité entre les groupes sanguins donneur/receveur. Il existe quatre groupe sanguins : O (donneur universel), A (donneur pour les groupes A et AB), B (donneur pour les groupes B et AB), AB (receveur universel).

Tableau récapitulatif :

tableau compatibilité ABO

Dans le cas des greffes, les isogroupes sont privilégiés (donneur A vers receveur A, donneur B vers receveur B, donneur AB vers receveur AB, etc.). En outre, on néglige le rôle du rhésus.

 

  •   La compatibilité morphologique :

Le poids et la taille du greffon jouent un rôle dans le succès ou l’échec de la transplantation. Lorgane prélevé doit être d’un volume égal ou légèrement inférieur à celui de l’organe remplacé.

 

  •   La compatibilité tissulaire :

Elle est impérative et garantit en grande partie la réussite de la transplantation. Il s’agit de la compatibilité entre le greffon et le système HLA (human leukocyte antigen) du patient.

Le système HLA correspond au complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) du genre humain.

Le rôle du système HLA est de permettre la reconnaissance du Non-Soi par les cellules immunitaire et par conséquent déclencher une réaction contre le greffon. En effet, c’est en quelque sorte la carte d’identité d’un individu.

Dans le cas de deux individus incompatibles : les codes HLA de chacun, à la surface de toutes les cellules, ne sont pas assez similaires pour que les cellules du donneur soient reconnues par le système immunitaire de l’organisme hôte. Ce dernier les considérera alors comme des corps étrangers et les détruira.

Dans le cas de deux individus compatibles : Les codes HLA du donneur et du receveur sont suffisamment proches pour que la réaction immunitaire induite par la petite différence génétique entre les deux HLA soit maîtrisée par les immunosuppresseurs (cf. Traitements) et donc que la greffe puisse être acceptée. Il y plusieurs degré de compatibilité.

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http://www.med.univ-montp1.fr/enseignement/masters_LMD/M1/Immunopathologie/Immunologie_transplantation_organe_et_greffe_CSH.pdf

 Cependant, le degré de compatibilité nécessaire dépend de la maladie (du pourquoi on est greffé), du risque et du type de greffe. Par exemple, pour une greffe de cellule souche hématopoïétique (CSH), le taux de compatibilité minimale requise est de 9/10. Alors que pour une greffe rénale, la compatibilité minimale est de 3/6.

Le type de locus considéré est aussi variable en fonction des greffes.

(source : http://www.med.univ-montp1.fr/enseignement/masters_LMD/M1/Immunopathologie/Immunologie_transplantation_organe_et_greffe_CSH.pdf     page 16)

 

Comment expliquer les différences de HLA ?

Le Complexe Majeur d’Histocompatibilité est composée de deux types de protéines : pCMH-1 et pCMH-2 (ces protéines sont des antigènes HLA).

Pcmh-1       pCMH-2

 

Chez l’Homme, les gènes codant pour le complexe majeur d’histocompatibilité sont situés sur le bras court du chromosome 6. L’organisation des gènes est la suivante :

organisation gènes CMH

Pour chacun des six gènes, il existe de nombreuses combinaisons d’allèles possibles :

nombre allèles recensés pour les gènes du CMH

En outre, le système HLA est un haplotype transmis de façon mendélienne par les parents.

Chaque individu, ont à chaque fois  3 gènes de HLA -1 et 6 HLA -2 (car chacun comporte 2 sous unités).

Donc 6 allèles de HLA-1 et 12 allèles de HLA-2.

Exemple pour comprendre la variation dans une famille :

 

greffe

Donc on peut voir que dans une fratrie, il y a 1 chance sur 4 d’avoir une sœur ou un frère ayant un HLA identique.D’après l’Agence de la Biomédecine, elle est de 1 sur 1 million si deux individus sont pris au hasard.

De plus, il existe d’énorme variations alléliques, des CMH de classe 1 et 2.

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Ce qu’il fait qu’il y a une

  • Variabilité monozygote CMH1 : 0,396 x 10^9
  • Variabilité monozygote CMH1+2 : 9,7 x 10^18

Cette variabilité est énorme, ce qui explique ainsi la difficulté de trouver deux personnes ayant un HLA identique.

Il y a actuellement un peu plus de 13 000 allèles de HLA.

 

Ce brassage induit donc une forte variabilité génétique, c’est pourquoi il existe un système HLA propre à chaque individu, appartenant à sa carte génétique.

Une greffe réussie demande que le code HLA du donneur et du receveur soit le plus proche possible. C’est pourquoi la recherche de donneur pour un patient donné peut être longue.

Capture

 

Pour en savoir plus:

Comment savoir si deux individus sont compatibles ?

Pour déterminer la compatibilité de deux individus, on peut réaliser un crossmatch. Il s’agit d’une technique qui consiste à mettre en contact des lymphocytes du donneur avec le sérum du receveur afin de mettre en évidence l’existence d’anticorps HLA chez le receveur du greffon. Un crossmatch positif contre-indique le recours à la greffe.

 

Schéma montrant le principe du cross match :

cross match

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2 réflexions sur “La compatibilité donneur-receveur

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